Une guêpe maçonne est presque toujours inoffensive : elle vit seule, ne défend pas sa construction et ne pique pratiquement jamais. Les petits édifices de boue séchée que vous trouvez sur un mur, une fenêtre ou un volet ne forment pas un nid de guêpes au sens habituel. Ce qui suit vous permet de reconnaître ce que vous avez sous les yeux, de mesurer le risque réel, de retirer ces constructions au bon moment et de repérer les cas où il vaut mieux faire venir un professionnel.
Reconnaître la guêpe maçonne et ses constructions
Sous ce nom se cachent plusieurs insectes qui ont un point commun : ils bâtissent avec de la boue. Ce sont des guêpes solitaires. Chacune construit pour elle seule, sans colonie, et l'aspect de sa construction change selon l'espèce. C'est ce qui prête à confusion.
Voici les formes que l'on rencontre le plus souvent :
- de petites urnes d'argile, de la taille d'une bille, collées sur une surface : ce sont les guêpes potières qui les façonnent ;
- des tubes de terre accolés les uns aux autres, l'œuvre des pélopées, des guêpes noires et jaunes à la taille très fine ;
- des cellules aménagées dans un trou déjà existant, puis refermées avec de la terre.
Dans tous les cas, c'est petit, sec, de la couleur du sol, et cela ne bouge pas. Aucune foule d'insectes autour : tout au plus, de temps en temps, une guêpe qui revient avec de la boue ou une proie.
Le nid de guêpe maçonne, de l'intérieur
Parler de nid de guêpe maçonne est un raccourci commode, mais il trompe. Il n'y a ni colonie ni ouvrières qui vont et viennent. Chaque cellule sert à une seule larve, et la guêpe qui l'a construite ne la surveille pas ensuite.
Avant de fermer la cellule, la guêpe y dépose des proies paralysées, des araignées ou des chenilles. Elles resteront fraîches et immobiles, et serviront de réserve à la larve pendant sa croissance. Une fois les provisions en place, la cellule est murée avec de la terre.
L'activité court de la fin du printemps à la fin de l'été. Les adultes sortent l'année suivante : une construction fermée n'est donc pas forcément vide, même si rien ne s'y passe en apparence.
Ces guêpes cherchent des endroits abrités et peu dérangés. On les découvre surtout ici :
- l'encadrement d'une fenêtre ;
- le rail ou le coffre d'un volet roulant ;
- les trous d'évacuation des menuiseries ;
- le dessous d'un appui ;
- un pan de mur bien abrité ;
- l'arrière d'un meuble ;
- le pli d'un rideau ;
- un vêtement laissé dehors.
Les tissus surprennent le plus : pour la guêpe, un pli de rideau ou une manche vaut un trou de mur, puisque c'est un abri.
Une guêpe maçonne est-elle dangereuse
Dans la grande majorité des situations, non. Une guêpe solitaire n'a aucune colonie à protéger, donc aucune raison de défendre sa construction. Vous pouvez ouvrir la fenêtre, passer devant ou travailler à proximité sans qu'elle réagisse.
La piqûre reste très rare. Elle ne se produit que si l'on écrase l'insecte, par exemple en enfilant un vêtement resté dehors ou en refermant un rideau sur lui. Le geste à éviter est donc un geste brusque, pas le simple fait de regarder de près.
Le vrai point de vigilance est ailleurs : la confusion avec des guêpes sociales. Si vous observez de nombreuses allées et venues par un même trou de mur ou de coffre de volet, ce n'est plus une maçonne. Pour ce cas précis, la page consacrée aux guêpes installées dans un volet roulant précise ce qu'un professionnel a besoin de savoir.
Un bon réflexe consiste à observer la construction quelques minutes, à distance raisonnable. Un seul insecte qui apporte de la terre, puis repart, correspond bien à une maçonne. Un passage continu au même endroit raconte autre chose.
Enlever les nids sans les relancer
Rien ne presse. Le plus simple est d'attendre l'automne ou l'hiver, quand la saison d'activité est terminée. Un nid frais enlevé en été sera souvent refait à côté : vous aurez nettoyé pour rien, et la guêpe recommencera à quelques centimètres.
Le moment venu, le travail se fait sans produit :
- gratter la terre à la spatule ;
- brosser la surface pour retirer les résidus ;
- aspirer les débris, surtout dans un rail ou une rainure.
Si la terre a laissé des taches sur un enduit, une brosse douce et de l'eau suffisent. Évitez de frotter fort : l'enduit risque de se marquer davantage que la tache.
Pour éviter le retour des constructions, quelques protections simples font l'essentiel :
- une moustiquaire devant les ouvertures ;
- des grilles fines sur les trous d'aération ;
- des brosses en bas de volet ;
- aucun linge laissé dehors plusieurs jours.
Si, en grattant, vous constatez que le nid appartient en réalité à des guêpes sociales, ne continuez pas seul. La page sur préparer la destruction d'un nid explique ce qui facilite le travail de l'entreprise.
Ce que vous pouvez faire aujourd'hui
Trois gestes suffisent. D'abord, observez la construction un instant sans la toucher : si rien n'entre ni ne sort en nombre, c'est bien une maçonne. Ensuite, prévoyez le grattage pour l'automne ou l'hiver, et laissez la construction en place d'ici là. Enfin, posez les protections : moustiquaire, grilles fines, brosses de bas de volet, et rentrez le linge qui traîne dehors.
Passez la main à un professionnel si vous voyez de nombreuses allées et venues par un même trou de mur ou de coffre de volet : il s'agit alors d'un nid de guêpes sociales, qui ne se traite pas à la spatule. Faites de même si les rails de vos volets sont bloqués en hauteur. C'est le travail d'une entreprise spécialisée.

