Un trou unique, très fréquenté, d'où sortent sans cesse des insectes jaune et noir, indique très probablement des guêpes de terre : mieux vaut garder ses distances. De nombreux petits trous coiffés d'un cône de terre fine sur un sol nu indiquent des abeilles de terre, qu'on laisse tranquilles. Ce qui suit vous permet de trancher à l'œil, depuis un endroit sûr, et de savoir si la situation demande une intervention ou simplement un peu de patience.
Un trou ou beaucoup, tout se joue là
Devant des trous dans la pelouse, on se demande d'abord si le danger est réel. La bonne question est plutôt la suivante : combien d'ouvertures voyez-vous, et que fait le sol autour d'elles ?
Une entrée unique, parcourue sans cesse dans les deux sens, trahit une colonie qui vit en profondeur. Une multitude de petites ouvertures éparses, chacune surmontée de sa butte de terre fine, trahit des abeilles qui vivent chacune de leur côté.
Le terrain compte aussi. Les abeilles de terre choisissent une surface nue, sèche et ensoleillée. Les guêpes, elles, profitent d'un vide déjà là : ancien terrier, talus, rocaille, pied de haie ou dessous de dalle. Le décor donne donc un indice avant même d'observer les insectes.
Reconnaître des guêpes de terre
Les guêpes de terre ne forment pas une espèce à part. Ce sont des guêpes communes qui ont installé leur nid sous le sol plutôt que sous un toit ou dans un arbre. Elles se logent dans une cavité qui existe déjà.
Trois signes se recoupent presque toujours :
- une seule ouverture, au moins aussi large qu'une pièce de monnaie ;
- un va-et-vient continu d'insectes rayés de jaune et de noir, à la silhouette lisse ;
- aucun monticule de terre autour de l'entrée.
Si ces signes sont réunis, partez du principe qu'il s'agit d'un nid actif, même si personne n'a encore été piqué. L'absence d'incident ne dit rien de la taille de la colonie, qui grossit au fil de la saison.
Les abeilles de terre, voisines paisibles
Les abeilles de terre sont des abeilles sauvages solitaires : andrènes, collètes, halictes. Chacune creuse son propre terrier, ce qui explique le semis de petits trous sur une même zone.
Voici ce qui les distingue des guêpes :
- de nombreux petits trous, chacun avec son cône de terre fine ;
- un sol nu, sec et ensoleillé ;
- des abeilles velues qui volent tout près du sol.
Leur présence est brève. Elles se montrent quelques semaines au printemps, puis disparaissent et la pelouse retrouve son aspect habituel. Elles ne défendent pas leur terrier, et une piqûre reste exceptionnelle. Ce sont des pollinisatrices utiles au jardin : on les laisse faire.
Ce que cache un nid de guêpes de terre
Sous une pelouse d'apparence banale, un nid de guêpes de terre peut abriter une colonie de plusieurs milliers d'individus en fin d'été. L'entrée minuscule donne une idée trompeuse de ce qui se passe dessous.
Cette colonie défend son nid, et elle sent les vibrations du sol. Le passage d'une tondeuse ou d'une débroussailleuse suffit à la mettre en alerte, le pas d'un enfant aussi. Les guêpes sortent alors en nombre, et les piqûres peuvent être multiples.
C'est pourquoi un trou isolé au bord d'une zone tondue régulièrement mérite d'être pris au sérieux. Pour savoir comment isoler le passage et ce que représente une intervention, la page sur le nid de guêpes dans le sol détaille la marche à suivre.
Le test des dix minutes
Installez-vous à bonne distance, assez loin pour ne pas gêner le passage, et observez la zone pendant dix minutes. Ne vous accroupissez pas au-dessus du trou, ne le touchez pas, ne le sondez pas avec un bâton.
Pendant ce temps, comptez les trous, puis les passages à chaque entrée. Le résultat est souvent net : un trou et un trafic dense, ce sont des guêpes ; beaucoup de trous et un passage discret à chacun, ce sont des abeilles.
Un autre cas existe : les bourdons, qui occupent parfois un ancien terrier de mulot. Ils sont peu nombreux, ronds, velus et paisibles. Leur trou ressemble à celui des guêpes, mais leur allure ne trompe pas, et ils ne justifient pas d'intervention.
Notez enfin si l'activité se concentre sur un seul point ou se répartit sur toute la surface. Cette seule observation suffit à orienter la décision.
Ce qu'il ne faut surtout pas faire
Face à un nid, beaucoup de gens veulent régler le problème eux-mêmes. Quelques gestes, pourtant, font plus de mal que de bien :
- verser de l'eau, de l'essence ou de l'eau bouillante dans le trou ;
- boucher l'entrée avec de la terre ou une pierre ;
- mettre le feu à l'ouverture.
Aucune de ces méthodes ne détruit la colonie : les guêpes ressortent ailleurs. Vous vous exposez en plus à des brûlures, et le sol reste pollué par ce que vous y avez versé ou brûlé.
Mieux vaut confier le nid à une entreprise spécialisée. La page sur ce qui compose le devis explique les éléments d'une destruction de nid, pour savoir à quoi vous attendre.
Pour les abeilles, l'attitude est inverse : aucune destruction. Arroser la zone et y étaler de la paille les décourage sans les tuer. À l'automne, regarnissez la pelouse.
Trois gestes à faire dès aujourd'hui
Trois gestes suffisent à faire le point sans prendre de risque :
- observez dix minutes à distance, et comptez les trous et les passages ;
- si ce sont des guêpes, balisez la zone, tenez enfants et animaux à l'écart et reportez la tonte ;
- si ce sont des abeilles, laissez-les, et arrosez puis paillez le sol si leur présence vous gêne.
Passez la main à un professionnel dès que des guêpes de terre sont confirmées : le nid doit être traité, pas bricolé. Si quelqu'un subit des piqûres multiples, se sent mal ou voit son visage gonfler, composez immédiatement le 15 ou le 112.

